Une Jeunesse Syrienne (10)

Une rencontre.
Liliane remarqua l’agitation des trois amis qui étaient en face d’elle. Elle n’a pas attendu que leur manège aille à son terme. Elle se leva d’un bond et se dirigea vers eux avec naturelle détermination:

– Je peux savoir ce qui vous fait rire ? Lança-t-elle en fixant Farès des yeux.Plus

Une jeunesse Syrienne (9)

L’appartement de Nadia étaient situé dans le quartier chrétien d’Al-Kassaa. Sur les murs, les icônes orthodoxes trônaient, surveillant la foie des habitants et désignant sans ambigüté leurs certitudes. Des chaises ont été placées contre les trois murs du salon laissant une place centrale pour la piste de dance. Plus

Une Jeunesse Syrienne (8)

Farès La vérité que Liliane eut l’impression de découvrir à la faculté n’avait rien à voir avec ce que Farès faisait ce matin là. Son père était malade et il devait le remplacer au magasin. C’était un magasin de montres et horlogerie que son père a ouvert depuis des décennies et qui lui a permis…Plus

Une Jeunesse Syrienne (7)

Précisément, je suis bien placée pour vous confirmer que Mazen, loin d’être nécessairement une bague en diamant, aurait très bien pu finir en bombe.

A l’adolescence, quelques années avant notre histoire, il faisait partie d’un groupe de jeunes gens qui se réunissaientPlus

Une Jeunesse Syrienne (6)

Il a fallu une demie-heure pour que Nadia renonce à prendre son déjeuner avec Liliane à la faculté de médecine. Elle était pourtant sûre de l’avoir vue pendant le cours du matin mais elle était trop loin pour la rejoindre. En sortant de l’amphithéâtre, elle a pensé la retrouver dans leur coin habituel mais elle ne l’a pas revue de toute la matinéePlus

Une Jeunesse Syrienne (5)

Ce jour là, Liliane ne trouva pas Farès dans l’amphithéatre de la Faculté de Médecine. Cela la troubla. La veille, comme tous les Mercredis, ils ont suivi ensemble le cours d’allemand à l’institut Goethe et se sont séparés sur le projet de se retrouver le lendemain à la Faculté et durant ce premier cours précisément. Farès aurait dû donc être présent et il ne l’était pas. Comme toujours, Liliane commença à échafauder des hypothèses, les unes après les autres, soumettant chacune à l’épreuve de son raisonnement expert et affuté par des années d’expérience de celle à qui rien ne devait échapper. Cependant, aucune de ces hypothèse ne lui donna entière satisfaction. Et alors que cette situation d’impuissance lui a toujours par insupportable, le fait que cette fois-ci, cet échec concerne Farès lui était particulièrement insupportable. Liliane aimait être sa confidente et l’idée qu’il lui aurait caché quelque chose la tourmentait.Plus

Une Jeunesse Syrienne (4)

ISSAT L’Institut Supérieur des Sciences Appliquées et des Technologies (ISSAT) a été installé sur un flan de montagne surplombant les quartiers de Barzeh. Le soleil y était brûlant. des montagnes étaient arides et hostiles. Peu de végétations s’y invitaient malgré les efforts des jardiniers qui avaient pour mission de transformer ce bunker en un havre…Plus

Un Jeunesse Syrienne (3)

Il me semble que Mazen ne m’a jamais vraiment aimée. Tout au plus, il a réussi à supporter la vie en mon sein le temps qu’il a fallu pour avoir les moyens de me quitter, définitivement. Ce n’était évidemment pas un plan bien préparé, vingt ans c’est trop pour garder un cap, mais avec le recul, je me dis que tout cela était écrit dès sa naissance, il ne pouvait pas y avoir d’autre issues.Plus

Une jeunesse Syrienne (1)

Je n’ai pas toujours offert un tel visage au monde !

Si je vous inspire de la pitié, avec mes gravas, mes couleurs pâles et mes murs drapés de suie, Je n’en reste pas moins la plus ancienne ville continuellement habitée sur terre. Il m’arrive encore d’en éprouver des restes de fierté. Une fierté légitime, je dirais. Car toute irréversible que puisse vous sembler mon état présent, après une décennie de guerre et de tueries, j’en avais vu passer, des évènements tragiques et de monstruosités tout au long de mon existence.Plus

Une jeunesse syrienne (2)

Je me rappelle encore d’elle ces années là. Déambulant dans mes ruelles, humant la douce odeur de jasmin qui m’a toujours été irrémédiablement associée dans l’inconscience de tous ceux qui ont grandi dans mes entrailles. Elle était fraîche, Liliane, Elle était optimiste. Elle croyait en son destin avec une candeur évidente et sans offense pour tous ceux qui doutaient et à qui l’Histoire a donné raison. Je la voie encore, quittant son immeuble au petit matin en direction de l’arrêt de bus à destination de la faculté de médecine. Liliane aimait parcourir la distance qui la séparait du bus en se projetant dans sa journée à venir. Elle s’imaginait alors arriver à la faculté ensevelie sous un nuage de poussière déversée par petites doses continues sur ses immeubles anonymes, fades et sans joie, comme si les pierres se solidarisaient avec les otages de ce pays, refusant de s’adonner à un sourire faux, simulé.Plus