Hommage au métèque

Georges … !

Hé, toi le métèque, tu te rappelle de moi ?

Bien sûr que non. Tu ne m’a jamais connu ! pourtant je traînais ta chanson dans ma tête et ma valise d’immigrant derrière dans les routes de ce pays qui n’était pas encore le mien.

Tu n’as jamais su, Georges, combien ta chanson m’a donné de courage. Le nombre de fois qu’elle m’a permis de patienter et d’espérer derrière les difficultés présents de bien meilleurs jours à venir. Comme toutes les mélodies géniales, elle a changé ma vie par intermittence. J’imaginais mes cheveux aux quatre vents … et mes mains parcourir les rêves doux d’une beauté qui m’attendait aux quatre coins de ma solitude. Cette solitude de nouveau métèque que j’étais devenu brusquement un jour.

Je t’avoue Georges que j’ai probablement essayé toute ma misérable vie de te ressembler … et quel échec !!

J’étais pourtant toujours prêt à faire de « chaque jour toute une éternité d’amour« , et au bout du compte, me voilà exténué d’attendre que cette éternité daigne bien commencer un jour. Du fond de mes échecs, Je me contenterais bien d’un bref instant, d’un tout infinitésimal moment de bonheur, laissant l’éternité aux poètes qui la façonnent ou aux doux rêveurs qui y croient encore.

J’écoute ta version et je mesure ma médiocrité. Cette voix assurée, calme et chaude … le métèque que tu étais est une flamme qui illumine la nuit des tristes lorsque ce que je suis devenu, et probablement ce que j’ai toujours été inspire crainte, indifférence et même dégoût !!

Ainsi va le monde, Georges, injuste et cruel !

Mais au moins, j’ai eu ta chanson, je l’ai fredonnée, les larmes aux yeux … marchant seul sur les ruelles nocturnes d’un campus … celles-là mêmes qui me voient encore aujourd’hui rôder, seul, l’esprit lourd de mes regrets, accablé de mes erreurs, humaines et définitives … !

Je te remercie Georges après tant d’années … tu fais partie de ceux qui m’ont tendu la main pour m’aider à traverser cette vie, cette belle vie malgré tout …

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